À la une !
Nouvelles récentes

Article - "50 Shades" captive son public avec un humour cru


INFO-CULTURE.BIZ - «50 Shades: La Parodie Musicale» captive son public avec un humour cru et des interprètes étonnants

Par Daniel Ouimet

C’est hier soir qu’avait lieu la première de la comédie musicale «50 Shades: La Parodie Musicale» qui est une raillerie hilarante du livre et du film bien connu «50 Shades of Grey». L’adaptation québécoise de Didier Morissonneau est issue d’un spectacle américain qui a été présenté partout, autant à New York qu’à Edimbourg. Ce spectacle a plu énormément au public du St-Denis-2, grâce à un texte cru sans jamais tomber dans la vulgarité et une mise en scène rythmée pour déclencher au moins trois rires à la minute pendant les 100 minutes du spectacle. En prime, les 9 interprètes démontrent un talent pour le chant et l’autodérision. Le public passe une soirée pleine de surprises et de rires à profusion tout en ayant un divertissement autant visuel que musical.


L’histoire tourne autour de trois ménagères (Johanne, Vanessa et Sarah) qui lisent ensemble le fameux livre «50 Shades of Grey» qui se déroule devant nous. Une jeune fille innocente encore vierge (Anatasia) s’amourache d’un homme riche (Grey) qui est adepte du monde BDSM. D’autres personnages se greffent à leur récit, comme la libertine Kate qui est la meilleure amie d’Anastasia, le sexy frère de Grey, Elliot et le latino José qui aime bien courtiser Ana. Tout ce beau monde se donne en spectacle licencieux, en y ajoutant plusieurs chansons qui permettent d’amplifier la dérision et la parodie.


Le public de la première s’est tordu de rire à maintes reprises, autant par le jeu et le rythme des comédiens que par les situations loufoques provoquées. Le gag est encore plus gros et ironique en ayant un séducteur Grey joué par l’acteur qui représente tout le contraire, Martin Larocque, ce qui frôle le burlesque. L’autodérision fonctionne à merveille dans son cas, tout spécialement quand il enlève sa robe de chambre pour nous dévoiler la beauté de son corps d’Adonis dans une danse sensuelle. Quand il annonce qu’il termine sa danse avec un grand écart (“split”), c’est le comble de la dérision qui nous fait éclater de rire. Réussira-t-il? Faut aller voir le spectale pour le savoir! Martin Larocque est un acteur de talent idéal pour ce rôle en plus d’avoir une voix assez solide et juste pour raconter son récit en chansons quand nécessaire.


Sa complice Anastasia, jouée par Albane Chateau, fait évoluer judicieusement son personnage tout au long du spectacle, de la petite vierge offensée à la dévergondée hystérique de la fin. Ses chansons brillent à tout coup grâce à sa voix toujours juste et agréable à entendre, tout en jouant avec les nuances et son vibrato naturel. J’ai eu la chance de poser quelques questions à Albane, voici ce qu’elle pense de son personnage: «Anastasia, c’est la candeur incarnée. Dans une parodie, il fallait appuyer, voire exagérer ce côté vierge, naïf et innocent toujours en quête d’elle-même, ce qui en fait un personnage attachant et attendrissant.»

Albane explique le défi de jouer Anastasia: «Pour être un lead, il faut avoir de l’énergie et tenir le show jusqu’au bout, même si (…) c’est un show de gang. Vocalement je n’ai aucun moment de repos, car même lorsque je ne suis pas sur scène, je chante des chœurs tout en changeant de costumes en coulisse.»

Elle ajoute que pour ce spectacle, il a fallu travailler aussi pour «trouver le bon ton, l’humour et la couleur de la pièce, de toujours être dans le juste, ne pas en faire trop ou ne pas en faire trop peu». De par les réactions de la salle hier soir, gageons que c’est mission accomplie.

Elle avoue: «J’ai développé une grande complicité avec tous les interprètes, dont Martin et Léane avec qui je joue mes plus grosses scènes. Ils sont merveilleux et si talentueux. C’était essentiel d’avoir cette synergie de groupe pour avoir du fun et ne pas s’auto-censurer dans le processus de création.»

Quelle est la scène qu’elle préfère jouer? «C’est le numéro de groupe “Jusqu’où devrais-je aller?”, un pastiche d’un tableau connu dans “Les Misérables”, on vit cette chanson avec une intensité et un engagement commun dans une chorégraphie de Alexia Gourd. C’est toujours un moment magique pour moi.» conclue-t-elle.


Les trois ménagères sont inspirées d’un choeur de théâtre grec. Elles sont la force qui fait avancer l’histoire et nous ramène au vrai monde après chaque incursion dans l’imaginaire du livre. Étant les seules qui sont dans le monde réel, leur jeu est plus vrai que les autres personnages, ce qui ne les empêche pas d’avoir développé des personnages attachants, chacun avec leur personnalité particulière. Sarah Dagenais Hakim (Sarah) joue la meneuse du trio. Sa voix puissante et son bon belting quand elle chante en solo nous font passer de beaux moments. Vanessa Duchel (Vanessa) en fonceuse chante d’une voix de poitrine puissante toujours juste. En contraste, Johanne Lapierre (Johanne) interprète une timide qui voudrait bien s’affirmer. La réunion des trois constitue leur force, surtout quand elles chantent de belles harmonies vocales pour accompagner les autres personnages.


Léane Labrèche Dor (Kate) a un petit rôle mais réussit à nous faire rire à tout coup. Sa scène de sexe avec Daniel Delisle (Elliot) dans l’allée près du public est à se rouler par terre. Attention si vous êtes assis dans la première rangée, vous pourriez être appelé à y participer. C’est le même Daniel Delisle qui est le danseur étoile de la plupart des chorégraphies, il est un régal à regarder bouger sur scène. Avec Marina Bastarache, ils forment tous les deux un duo du tonnerre pour mettre en valeur les belles chorégraphies d’Alexia Gourd. Jean-François Poulin (José) en latino caricaturé complète une distribution talentueuse. Son insistance auprès d’Anastasia et ses démarches maniérées sont drôles à chaque présence.


Ce spectacle plaira à plusieurs pour différentes raisons. Musicalement on utilise tous les styles pour se moquer des comédies musicales: du Gospell au “Gilbert and Sullivan”, du R&B à la chanson pour enfants utilisée brillament pour faire l’inventaire des jouets sexuels. Les rimes et les paroles grivoises dans les chansons (par exemple «Il fourre») et des références à d’autres spectacles comme «Phantom of the Opera» ne font que grossir encore plus la farce. Mais l’important c’est que vous passerez une soirée délectable à vous tordre de rire et où vous ne verrez pas le temps passer. À cause de toutes ces raisons, je recommande de voir ce spectacle.


Les bons coups: humour cru, belles voix, mise en scène rythmée, musique pour tous les goûts, chorégraphies, excellent divertissement, bonne sonorisation


Les moins bons coups: transition entre français québécois et international parfois maladroite


- See more at: http://info-culture.biz/2015/08/14/50-shades-la-parodie-musicale-captive-son-public-avec-un-humour-cru-et-des-interpretes-etonnants/#.WHcWRLbhBE4

Mots-clés :

Suivez sur les réseaux Albane Sophia Chateau 
  • Facebook Basic Square